Un autre regard 

Un peptide star en anti-âge: le peptide de cuivre.

Cyrille Laurent

Docteur en sciences (ex chercheur en biologie des cellules souches)

Le peptide de cuivre est un actif méconnu et peu employé en cosmétique bien qu’il fasse l’objet de nombreux travaux démontrant son efficacité contre placebo. Il a été découvert en 1974 par le professeur Loren Pickart qui lui a dédié ses recherches. Les peptides – ou « courtes protéines »- sont eux très en vogue en cosmétique alors qu’ils bénéficient de peu de recherche si ce n’est des données des fournisseurs; a contrario du peptide de cuivre qui a fait l’objet de travaux indépendants.

Le peptide de cuivre est un tri-peptide composé de glycine, histidine et lysine ou GHK.

Le GHK a une forte affinité avec le cuivre avec lequel il se combine, formant le tri-peptide de cuivre ou GHK-Cu. Il fait partie de la famille des peptides « carrier ». Dans la liste des ingrédients (liste INCI), il est dénommé « copper tripeptide 1 ». Ils sont présents dans la salive, le plasma, l’urine et la peau. Leur concentration plasmatique diminue au cours du temps: 200 ng/mL à 20 ans, puis 80 ng/mL à 60 ans. Cette diminution se corrèle avec la diminution des capacités de l’organisme à se régénérer.

De multiples études ont démontré son implication dans le processus de la cicatrisation cutanée. 

Pickart et al. ont montré qu’il accélère la cicatrisation et augmente la prise des greffes de peau tout en ayant une activité anti-inflammatoire. Des travaux indépendants indiquent que le GHK-Cu stimule la synthèse du collagène et sa dégradation et augmente la production des protéoglycanes de la matrice extra-cellulaire du derme. Un point intéressant est que le GHK-Cu module l’action des métalloprotéases (enzymes responsables de la dégradation du collagène). En effet, il participe à la dégradation du collagène laquelle est essentielle à la phase du remodelage dermique tout en stimulant la synthèse de novo collagène.

Il agit comme un régulateur de la phase inflammatoire et du remodelage cutané.  Ces données ont été étayées par plusieurs modèles animaux mais également chez l’humain. Le GHK-Cu régulerait l’expression de plus de 4000 gènes dont ceux impliqués dans la cicatrisation cutanée.

Pour plus d’informations sur les peptides, je vous invite à regarder ma vidéo sur les peptides sur ma chaine YouTube (Cyrille Laurent Fr). https://www.youtube.com/watch?v=bppMPahTEuU

Quelques données indiquent que le GHK-Cu aurait une action sur la niche des cellules souches de l’épiderme.

Ces cellules souches terminent leur différenciation en formant le stratum corneum (ou barrière cutanée) et ont une capacité illimitée à se renouveler. Cependant avec l’âge, cette capacité s’amenuise. Le GHK-Cu stimule l’expression d’intégrines (protéines d’adhésion et de signalisation) et de p63 augmentant ainsi la niche des cellules souches de l’épiderme.

Les travaux les plus probants dans le domaine des cosmétiques sont les études contre placebo réalisées chez l’homme qui ont montré une augmentation de la qualité de la peau chez des femmes âgées de 50 ans et plus.

Les auteurs (A.Abdulghani et al.) ont montré, après biopsie, une augmentation de la synthèse de collagène in vivo après application d’une crème durant un mois. Des travaux complémentaires ont mis en évidence qu’en application topique le GHK-Cu diminue la profondeur des rides et des ridules ainsi que les marques du photo vieillissement.

Le peptide de cuivre est malheureusement peu employé en cosmétique ou utilisé à des concentrations dérisoires pour avoir un effet biologique en application topique.

Le produit utilisant le potentiel cicatrisant et anti-âge du GHK-Cu est le CAIS 3 commercialisé par la marque NIOD. Ce sérum combine 1% de cuivre ainsi que 2% de GHK. Le GHK-Cu est un complexe soluble dans l’eau. Il doit être utilisé au début de la routine de soins en évitant de le combiner à des cosmétiques au pH inférieur à 5 tels que les acides exfoliants (AHA, BHA, PHA) et la vitamine C (acide L-ascorbique). Un pH inférieur à 5 déstabilise le complexe peptide/cuivre le rendant inefficace. C’est un actif star qui complémente l’action des rétinoïdes et qui stimule la réparation cutanée.